Rencontre du Ministre de la Justice et les Parquets de Bamako : Pourquoi maintenant ?

Face à la recrudescence du phénomène d’insécurité, plus particulièrement dans la capitale, le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Tiéna Coulibaly, a jugé nécessaire d’aller à la rencontre des Parquets de Bamako. Objectif : voir dans quelles mesures les Juges peuvent jouer un rôle en la matière. La question qui se pose est de savoir pourquoi maintenant. Ou bien c’est parce que  la Communauté musulmane a menacé d’entraîner des  révoltes populaires avec  ses meetings programmés à Bamako. 

Face à la recrudescence du phénomène d’insécurité à Bamako, les juges ont effectivement un rôle à jouer en lien avec l’attente des populations comme le Ministre de la Justice pensait sauf que moment est mal perçu en la matière. «Il y a quelque temps  qu’une recrudescence de crimes urbains gagne du terrain », souligne le Ministre. Selon lui, la Justice peut être saisie à plusieurs niveaux. «Ce que nous devons faire, c’est de travailler sur les dossiers avec célérités et les jugements également », martela-t-il. Les orientations sont connues, selon le Parquet Général près de la Cour d’Appel de Bamako. «Maintenant, il reste l’application accélérée des procédures», souligne le Parquet Général, Idrissa Arizo Maïga.

Côté fonctionnement de la Justice, il a été question de dénoncer la lenteur des dossiers et la sempiternelle question de moyens financiers. «Au-delà de ce constat qui est déjà connu, comme stipule le Parquet Général, il semble que le Ministre tente de rassurer la population par ce genre de démarches au lieu de trouver la solution adéquate concernant l’appareil judiciaire. Puisque l’on sait que la population,  précisément la communauté musulmane, est en passe de se révolter contre les plus hautes autorités du pays pour la montée en puissance du phénomène d’insécurité.

En tout état de cause, on ne saurait « tromper la vigilance de tout le Peuple dans tous les temps », comme l’avait si bien dit l’autre.

L’on est en droit même de s’interroger anxieusement, car la Justice peine à tenir trois sessions d’assises par an afin de pouvoir situer les détenus sur leurs sorts. À cela s’ajoute le renforcement des moyens des unités en charge des enquêtes préliminaires (Polices-Gendarmeries) dans un record de temps universellement  requis. L’État doit se donner les moyens pour ses missions, cela pour garantir à la population la bonne administration de l’appareil judiciaire. Très récemment, le Parquet Général près de la Cour d’Appel de Bamako disait que rien n’est plus horrible pour un Magistrat que d’avoir à juger un dossier mal instruit…

Mohamed BELLEM

LE COMBAT

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