IBK à sa majorité: ‘‘le chef du gouvernement ne peut rien si vous ne l’accompagnez pas’’

« Je dois vous engager à considérer le chef du gouvernement comme au service de la majorité présidentielle »

Samedi 16 février 2018, c’est un président très heureux, IBK, qui a accueilli au Palais de la République ses amis et camarades politiques, pour la première fois depuis sa réélection. Au-delà de l’objet officiel de la rencontre qui entre dans le cadre du dialogue, il a été fortement question de la nécessaire et indispensable synergie d’action au sein de la majorité.

Satisfait de l’initiative conduite depuis quelques semaines par sa majorité dans ce cadre et dans lequel lui-même s’engouffre, le président IBK a appelé fortement ses amis à l’unité et à la cohésion, mais surtout à enterrer leurs divergences. Pour l’harmonie au sein de la majorité, la paix et la stabilité, dans le pays, le président IBK a appelé chacune des composantes, tout en jouant sa partition, à faire preuve de solidarité et d’ouverture. Il a fortement plaidé auprès de sa majorité davantage d’ouverture et d’exclure la suspicion.

« Chers amis,

Pour vous dire ma joie est un truisme, c’est à dire vérité d’évidence. Voir aujourd’hui réunis ici à Koulouba, tous ces visages amicaux qui pour certains nous ont manqués au long de ces mois, au long de ces semaines. Mais je sais que je suis tout excusé me sachant au service de la Patrie, allant et venant pour porter le Mali, à travers le monde.

L’amitié de ce monde nous est ouverte à un niveau que vous ne pouvez soupçonner. Vous l’avez dit, Madame le ministre de la Culture, la dernière manifestation de cela date de moins d’une semaine, quand nous nous sommes trouvés à Addis-Abeba pour le 32ème Sommet avec notre délégation, au point que l’on a eu l’impression qu’il s’agissait d’une rencontre panafricaine organisée au seul profit du Mali.

Que d’émotions quand mon jeune, frère Salif Kéita, est venu à moi avec toute la différence, toute l’humilité, toute la considération me tenir des propos fraternels que je ne dirais pas ici, mais qui se sont sentis dans l’émotion que vous avez vue l’étreignant.

C’est ça le Mali.

Chacun de nous sait ce qu’il doit à ce pays. Chacun de nous devrait, en toute humilité, savoir qu’isolément nous ne sommes rien. Mais ensemble, nous sommes tout, et nous sommes l’objet d’admiration du monde singulièrement de l’Afrique et de nos frères africains ; qui nous pensent tellement forts, tellement soudés, tellement cohérents, produits d’une histoire fabuleuse, qui n’a pas été celle de tout le monde. Elle est singulière, elle a fécondé un humanisme particulier sur les bords du Djoliba. De cela nous sommes des héritiers. Puissions-nous, chaque fois, nous en souvenir et cela nous conduira à beaucoup d’humilité.

C’est que vous avez compris en vous dépensant sans compter pour rapprocher les lignes, pour aller à l’autre, pour aller au frère qui n’a pu demeurer insensible à cela. J’eusse été en reste et de loin si je n’avais à mon tour fait le geste de votre confort en prenant mon téléphone et en appelant mon jeune frère Soumaila qu’il ne connaît pas, qui m’a fait un message authentifié. Et j’ai dit : « bien sûr qui est-ce ton fils moi ? » Qu’est-ce que cela a d’extraordinaire ?

C’est le Mali.

Pour moi, rien n’est au-dessus du Mali, aucun sacrifice, aucun ego, de quel ego ? Je ne suis pas ici pour cela. Je suis ici pour que ce pays s’adonne à la seule mission qui est la sienne et qui lui est assignée par l’histoire : venant d’où il vient, il est condamné à rester grand.

La grandeur s’accompagne toujours d’humilité, de grande humilité. Pour moi rien ne vaut le Mali, et il n’y a aucun sacrifice auquel je ne puis atteindre pour ce pays -à, et au demeurant, ce n’est pas un grand sacrifice d’appeler un jeune frère et de souhaiter (le rencontrer). Je le ferais les jours à venir, dans le prolongement de ce que vous avez entrepris.

Permettez qu’à mon tour je vous présente à vous, à chacun de vous, à chacune de vous, à vos familles, à vos militants mes vœux sincères, profonds, de très bonne et très heureuse année 2019.

Elle commence sous de bons auspices et d’aucuns voudraient voir des nuages amoncelés au-dessus de nous par rapport aux enjeux électoraux. Que non ! Parcours démocratique normal ! Je suis certain que nous sortirons de tout cela plus fort, plus haut et en visant plus loin. Inshallah ! Donc à vous tous mes vœux les plus sincères.

Chacun l’aura compris également que nous commencions l’année par nous engager dans les voies de réformes qui sont absolument indiquées pour l’ancrage démocratique de ce pays. Nos institutions sont ce qu’elles sont et seules elles comptent.

Un pays n’est présent au monde aujourd’hui qu’à travers la vitalité et la force de ses institutions. Les hommes passent, les institutions demeurent. Chacun de nous est passager, très passager. Il faut chaque fois d’ailleurs que la manifestation divine soit là pour ne le rappeler. Et là nous devenons tout humble, mais une fois cela passé nous nous reprenons à nous penser, ce que nous ne sommes pas, ce que ne souhaiterons pas être.

Donc, l’ancrage démocratique est la chose la plus sûre de salut pour un pays. Le Mali de 2019, sorti victorieux de l’épreuve de 2018. Rappelez-vous quand nous abordions les rivages de l’année 2018, la mer était loin d’être calme. Que nous ne nous avait-t-on prédit ? N’allez pas vers ça, c’est la catastrophe, convenez qu’ici et maintenant… le propos soit non pas de vouloir organiser les plus propres des élections, mais de convenir qu’il y’a lieu plus tôt de convenir ensemble les transitions.

La suite vous la connaissez. Le Chef du gouvernement a pris à bras le corps le projet, après que nous eussions fait une révision exceptionnelle des listes, nous avons osé demander un audit à l’OIF (organisation internationale de la francophonie), lequel audit a été réputé fiable et de bon aloi. Ainsi malgré quelques remises en causes, quelques soupçons inhérents à la chose, nous sommes arrivés au processus électoral lui-même.

Je ne pense pas que rarement élections auront été aussi suivies, aussi scrutées, aussi regardées à la loupe, comme celle du Mali. Nous n’avons pas cru d’admettre que soit de l’observation, tout celui-là et toute celle-là qui l’a voulue. Nous avons vu des organisations nouvelles totalement ad hoc créées du jour au lendemain pour être dans l’observation électorale, mais qui ont été admises. Tout le monde a été admis. Tout le monde qui en a voulu en a été, bien sûr, des institutionnels internationaux, nationaux pour qu’au sortir, les résultats ne souffrent d’aucune contestation possible.

Bon c’était quand même un peu trop optimiste. Nous l’avons voulu ainsi, nous avons organisé ainsi, nous avons procédé, conduit ainsi sous le regard du monde entier.

C’est pourquoi nous avons dit qu’après le verdict populaire, nous ne saurions souffrir d’aucun complexe. Nous ne nous sentons pas un élu diminué qui doit raser les murs. Non !

Pour autant nous sommes conscients qu’au niveau où il se trouve aujourd’hui, ce pays qui est au milieu des défis, à besoin de tous ses fils, toutes ses filles, pour que nous venions à chacun. Je vais rappeler la devise chère à Guezo « si tous les fils du royaume venaient par leurs mains assemblées, boucher les trous de la genre percée, le pays serait sauvé ».

Oui, c’est cela, chacun doit venir.

Nous n’avons pas la science infuse. Le gouvernement tout seul ne peut rien. Le chef du gouvernement ne peut rien si vous l’accompagnez pas, s’il n’est pas accompagné par l’ensemble des fils et filles de ce pays à aller vers le progrès qu’attend le peuple malien.

Notre peuple a le droit, à son tour, de jouir des progrès que l’humanité a accompli et enregistre tous les jours, et dans tous les domaines qui ont fait de cette génération de ce monde aujourd’hui l’une des plus créatives, l’une des plus porteuses en terme à d’amélioration de condition de vie, de confort de vie d’amélioration de l’existence des hommes sur cette terre. Il n’est pas normal que nous en soyons privés. Donc que notre peuple aussi soit en fin contemporain de ce temps, de ce siècle, c’est notre devoir.

Mais comment le réussir si au-dedans nous n’avons pas la paix. Pas seulement face à l’ennemi invisible qui de manière sournoise et traîtresse nous oblige à un effort soutenu de défense qui fait qu’aujourd’hui, nous sommes obligés de consacrer près de 22 % de nos recettes budgétaires à l’effort de défense et de sécurité au lieu que cela aille dans le confort social et éducationnel.

Nous avons devoir de faire en sorte nous soyons nous aussi comme le Premier ministre de Malaisie Mahathir le disait il y’a deux semaines à Dakar lors du forum sur l’émergence : « oui mon pays est admiré aujourd’hui pour ses progrès dans le progrès économique, dans le domaine social, dans le domaine culturel, mais tout cela, que nous avons réussi l’a été grâce à la paix et à la stabilité dont nous avons joui pendant un temps long.

Au départ nous fument nous aussi obligés de produire des efforts vigoureux de défense et de sécurisation de nos îles et de notre pays. Aujourd’hui à l’ombre de la paix la Malaisie caracole en tête des pays développés de la zone Asie ».

La paix et la stabilité supposent qu’au dedans les enfants du même pays, d’un pays paternel, d’un pays qui a connu une situation brillante faite de respect réciproque, de considération de l’autre, de fraternité, bref, ce pays ne va pas avoir le secret de la concorde nationale, de la réunion de ses enfants à son chevet pour son devenir meilleur.

C’est pour cela qu’aucun effort, en tout cas de notre part, ne sera épargné pour que nous avancions.

Je ne considère aucun de mes frères comme un ennemi. Aucun ! Nous pouvons avoir des divergences sur la même manière de conduire les affaires, sur la Vision à terme, mais s’il est vrai que nous avons le même amour de ce pays, nous ne pouvons que nous retrouver en un pont de convergence pour le bonheur du Mali et des Maliens.

Ce que l’EPM a fait donc et est en train de conduire tout doucement, mais de manière ferme et vigoureuse vers l’atteinte de cet objectif premier : le confort national aux fins d’avancer et de partir ensemble.

Je pense que le gouvernement avait le devoir de créer les conditions d’atteinte de ce que je viens d’indiquer.

C’est pourquoi le cadre de concertation nouveau, il est vrai que ce n’est pas la panacée, il est clair également aussi que tout le monde de l’action politique nationale aujourd’hui devrait pouvoir en être, donc les critères soient rigoureux et que chacun qui le souhaite et dont la parole est entendue et écoutée par le pays soit de la partie.

Nous sommes tous concernés. C’est tout à fait légitime qu’on me le demande et nous y sommes absolument acquis.

Je crois que nous n’avons pas le droit de faire douter le Mali et les Maliens de notre dédicace à servir ce pays-là. C’est pour cela que, en dépit de toutes les raisons que nous voulions en avoir d’attendre certains gestes, nous avons nous fait des gestes et nous continuerons de le faire. Parce que c’est le Mali, et ce Mali-là vaut tous les sacrifices et nous sommes heureux de le faire.

Je crois que l’EPM a été mis en place à la faveur de l’élection présidentielle on se surprend même à regretter qu’elle n’ait pas été mise en place plus tôt. (applaudissements dans la salle) C’est vrai !

Parce qu’aucune action gouvernementale ne peut prospérer s’il n’y a pas le socle du soutien populaire qui ne peut être animé que par vous, les partis de la majorité présidentielle ! Sans cela, le président est esseulé.

Alhamdoulilayi ! Aujourd’hui (en bambara : vous ne m’avez pas fait monter sur l’arbre et me laisser tout seul) quand je regarde en bas-la c’est plein.

Donc mes frères, je suis dans un bonheur je l’ai dit au départ dont je ne peux pas cacher qui est physique, qui est intellectuel, spirituel et réel.

À chacune et à chacun, sachez que je n’oublie personne. J’ai mon rythme, j’ai mon style, mais je n’oublie personne, aucun camarade sur le bord de la route. Le geste et le mot souvent même anodins peuvent faire la différence. On en a besoin, chacun de nous a besoin de sentir cet amour-là et je vous le porte cet amour à chacune et chacun d’entre vous. Je ne suis pas isolé ici hein. Je suis tout, absolument tout, le moindre détail, je suis.

Je dois vous engager également à considérer le gouvernement, comme votre gouvernement, le chef du gouvernement comme à votre service, au service de la majorité présidentielle. Vous avez le devoir de leur soutien loyal, la cause est nationale. Donc qu’il n’y est pas la moindre fissure possible, le moindre passage possible pour le moindre margouillat.

De notre solidité de front dépendront les résultats futurs, la confiance, la solidarité, l’amitié vraie. Se parle en vérité sont les seuls remèdes qui valent.

Chassez les porteurs de petites chaussures (« sanbarani tiguiw), chassez-les, qui viennent nuitamment pour raconter des ragots, chassez-les ! Ils ne viennent pas chez moi, car ils savent quel accueil je les réserve, évitez ceux-là.

S’il y’a quelque chose qui trouble votre sommeil, ouvrez-vous-en à l’autre, au frère, discutez-en et avançons. Nous n’avons de place pour ça. Nous sommes au service du Mali et des Maliens.

Quand l’émir de Dubaï me disait l’autre jour sa fraternité et son amitié pour le Mali en rappelant encore lui aussi Tombouctou, nous ne savons pas ce que nous avons comme trésor. Nous maliens, nous ne savons pas notre trésor, nous ne savons pas combien le monde au tour de nous est à l’admiration pour nous et ça plonge dans le temps, pas d’aujourd’hui. Et tous ces pays sont déterminés à poursuivre et à aider le Mali à avancer.

Le Mali est un pays béni, de grâce n’en faisons pas un pays maudit. Comportons-nous en fils d’un pays béni ! Si Allah vous couvre de sa grâce, montrez-vous digne de cette grâce-là. Tout ce qui nous arrive de bien fait n’est pas dû à notre bravoure, au fait que nous sommes les plus élégants, les plus riches, sûrement pas, mais à ce pays qui est un pays singulier, à l’histoire singulière, au passé brillant, fabuleux.

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